Cyanide and Hapiness vol. 1
janvier 27, 2008 par leobloomCritique éclair: The Trial (1962)
janvier 27, 2008 par leobloomSi vous n’aimez pas Franz Kafka, si vous trouvez son univers étouffant, si ses textes vous paraissent absurdes, voire tout à fait incompréhensibles, ne visionnez pas ce film. Si vous n’êtes pas familier avec ses écrits, je vous conseille de le devenir avant d’entreprendre son visionnement. Car ce que nous propose Orson Welles, le génie derrière Citizen Kane, c’est une adaptation presque scène par scène du « Procès » de Kafka. Certainement, médium oblige, quelques événements ont été écourtés et quelques coins coupés un peu ronds, mais l’œuvre cinématographique est si semblable au texte littéraire qu’il est dur de concevoir que l’on puisse aimer l’un sans aimer l’autre, et vice-versa. Le résultat est prodigieux. Au départ, adapter Kafka au cinéma est une tâche pour le moins risquée et complexe, mais Welles a su s’en sortir avec brio. Même en étant pointilleux jusqu’à la mauvaise foi, il est difficile d’imaginer une adaptation plus réussie des tumultueuses aventures de Josef K.

« Tabarnak… »
The Trial débute sèchement. Josef K., fonctionnaire insipide, est réveillé par deux agents de police. Ces derniers lui apprennent que des accusations pèsent contre lui, mais refusent de lui dire quelle sorte et pour quel délit, sous prétexte que ce n’est pas leur travail. K. entreprend alors des recherches afin de découvrir de quoi on l’accuse, mais il se heurte à une bureaucratie en béton. Il n’est jamais du ressort de personne d’apporter des précisions sur son cas. Tout ce qu’on peut lui dire, c’est que les choses regardent mal. K. est alors poussé dans une véritable spirale juridique absurde où les avocats font preuve d’une inefficacité absolue et se retrouve seul dans les méandres d’une Loi qui le condamne peu à peu pour un crime dont il ignore le moindre détail.

« Que puis-je faire pour vous, gros lard? »
« Fais juste aller m’chercher chose là, chandail noir. »
Ce qui fait la force de ce film, c’est la rigueur avec laquelle il a été réalisé. Les acteurs ont été finement choisis et personne n’aurait fait un meilleur Josef K. qu’Anthony Perkins, célèbre vedette de « Psycho », qui fait sentir avec justesse tout le pathétique de son personnage alors qu’Orson Welles, dont les talents d’acteur ne sont plus à prouver, personnifie merveilleusement l’avocat alité. En regardant ce film, on a la singulière impression de plonger dans notre tête et de projeter sur écran les images que l’on voyait en lisant le roman de Kafka. Certaines scènes me sont apparues comme des retranscriptions exactes de ce que j’imaginais lors de ma lecture. Les décors tantôt froids, tantôt surréalistes, reproduisent avec minutie l’univers de Kafka et rendent le tout encore plus crédible.
Malgré tout, The Trial n’est pas un film facile d’approche. Il peut être fastidieux, par bout endormant, déplaisant, mais tous ces sentiments font partie intégrante du monde littéraire de Franz Kafka, qui est ici transposé avec un souci maladif du détail qui ne pourra que susciter, chez les cinéphiles comme chez les lecteurs, une admiration bien méritée.
Critique éclair: From Beyond (1986)
janvier 27, 2008 par leobloomStuart Gordon a donné beaucoup de son temps, de son argent et, heureusement, de son talent à adapter H.P. Lovecraft au grand écran, et parfois directement au petit. Alors que plusieurs réalisateurs échouent en faisant tout pour rester fidèles en tous points au texte d’origine, Gordon préfère remodeler l’esprit de l’histoire lovecraftienne à sa propre manière, ne se gênant pas d’aller jusqu’à insérer des scènes de nudité, ce qui est tout à fait contraire à l’univers littéraire de Lovecraft. Étonnamment, Stuart Gordon a acquis une indéniable notoriété dans le cercle sévère et hermétique des artistes du cinéma lovecraftien, et ce, malgré le fait qu’il s’éloigne bien souvent des balises des nouvelles qu’il choisit d’adapter. Gagnant d’un « Howie » au Festival H.P. Lovecraft de l’an dernier pour Re-Animator, From Beyond, Castle Freak et Dagon, Stuart Gordon est un chef de file dans le domaine du film de Série B.

« Fais pas ta farouche, mets-la dans ta bouche. »
En 1986, faisant suite à son illustre et acclamé Re-Animator, il présente un second film basé sur un texte de Lovecraft, From Beyond. Comme on ne change pas une formule gagnante, l’excellent Jeffrey Combs revient dans le rôle principal aux côtés de Barbara Crampton, également membre de la distribution de Re-Animator. Moins connu que son prédécesseur, From Beyond n’en demeure pas moins, selon plusieurs amateurs et spécialistes, le meilleur film de Stuart Gordon. Un peu plus sérieux que Re-Animator, il présente toutefois la même recette : une histoire sautée et originale, des effets spéciaux douteux, mais amusants, des acteurs prodigieux et du gore en quantité quasi industrielle.
L’histoire de From Beyond peut se résumer assez simplement. À la fin des années 80, un scientifique sado masochiste, Edward Pretorius (Ted Sorel), et son assistant, Crawford Tillinghast (Combs), mettent au point une machine qui permet de voir ce qui se trouve au-delà de notre monde, soit une espèce de quatrième dimension, évidemment peuplée de créatures gluantes, agressives et aux dents pointues. Suite à une expérience qui tourne mal, Pretorius est absorbé dans cette dimension et se transforme en créature dégoûtante dont le principal désir est d’attirer l’humanité dans le monde qu’il habite. Tillinghast, que personne ne croit, est enfermé et laissé pour fou jusqu’à ce qu’une psychiatre aux méthodes controversées (Crampton) vienne le tirer de son asile et le ramène à la Maison Pretorius pour y recommencer les expériences douteuses. Bien sûr, tout tourne au vinaigre.

Ok, ça s’en vient fucké icitte!
La principale force de Gordon est qu’il accepte visiblement le statut « Série B » de ses créations et s’amuse à jouer avec les clichés du genre plutôt que d’essayer de prouver quoi que ce soit. Dans « From Beyond », sa méthode est parfaite; tout est bien dosé, excepté un excédent douteux de nudité, mais que serait un film d’horreur sans expositions gratuites d’atouts féminins? Le fait demeure que les personnages ne font pas toujours « le mauvais geste », ce qui rend l’histoire beaucoup plus crédible, considérant bien sûr le bas niveau de crédibilité du scénario en général. From Beyond n’est pas qu’un film de genre, mais un tour de force incroyable si l’on considère que le texte littéraire était vague et tournait autour de cinq à six pages… Gordon a développé l’idée de base en ajoutant de la chair à l’os, et c’est une admirable réussite. Dans une industrie qui tourne le film d’horreur au ridicule (avec raison), un réalisateur comme Stuart Gordon apporte un vent de fraîcheur et prouve, sans artifices ni fioritures, qu’il est possible de faire un film d’horreur intéressant, original et presque épuré de toute facilité. Dommage qu’il ne soit pas plus connu…
Critique éclair: Clerks II (2006)
janvier 27, 2008 par leobloomNombreux furent les sceptiques quand Kevin Smith annonça son intention de donner suite à Clerks, son classique de 1994. L’original donnait l’impression d’avoir fait le tour du sujet et fonctionnait si bien en tant que tout que la boucle semblait indéniablement bouclée. D’ailleurs, après l’échec de Jersey Girl, il était légitime de douter des intentions du réalisateur en déterrant les personnages qui l’ont rendu célèbre. Voulait-il faire de l’argent facile ? Que pouvait-on tirer de plus de Dante Hicks et Randal Graves, ces jeunes hommes sans ambition qui nous ont tant fait rire ? À prime abord, absolument rien, et c’est ce qui rendait l’idée douteuse. Mais l’erreur du public fut de croire que Kevin Smith allait nous présenter des personnages qui n’avaient pas évolué, qu’il allait tout simplement les faire passer du dépanneur au restaurant, et que tout ne serait qu’une pâle copie du premier film. Or, je faisais partie du petit noyau qui croyait au potentiel de cette suite et qui faisait confiance à Kevin Smith. Et je suis heureux de pouvoir affirmer que je ne me suis pas trompé.

« Check ça l’gros, j’va venir drette dans vitre! »
Clerks II n’a rien à voir avec son prédécesseur, hormis le retour des principaux personnages et quelques clins d’œil amusants. Mais dans son essence, dans le message qu’il passe, rien à voir. Dans cette controversée suite, Dante et Randal, maintenant dans le début de la trentaine, sont forcés de se trouver un nouvel emploi après qu’un incendie ait anéanti leur bon vieux Quick Stop. Ils jettent alors leur dévolu sur Mooby’s, une chaîne de restauration rapide qui n’est pas sans rappeler McDonald’s. Dante, toujours aussi mécontent de la vie qu’il mène, en est à son dernier jour dans le New Jersey, qu’il doit quitter pour aller se marier en Floride et devenir gérant d’un lave-auto appartenant à son beau-père. Randal, quant à lui, ne semble pas prêt de bouger.

« (J’espère que ça paraît pas que ça m’excite…) »
Si on se contente du premier degré, Clerks II est une comédie vulgaire, un divertissement honnête, mais sans plus, qui oscille entre les commentaires grivois de Jay (toujours accompagné de son éternel partenaire Silent Bob), les scènes de bestialité et les débats violents sur le Seigneur des Anneaux et la sodomie. Les fans de Smith ne seront pas déçus en ce sens. Les dialogues sont toujours aussi crus, les péripéties toujours aussi désopilantes, et Clerks II déborde de tout ce qu’on aime de l’humour de Kevin Smith. Mais c’est ce qui se cache derrière qui révèle l’évolution du réalisateur et qui donne toute sa pertinence à ce second volet. On retrouve des personnages qui ont grandis, qui se posent des questions. Clerks II est un récit humain, une chronique du passage au véritable âge adulte de deux garçons tourmentés qui acceptent mal de devenir des hommes. Mais c’est aussi une touchante histoire d’amitié qui ne manque pas de nous attendrir. Le film est teinté d’une palpable nostalgie. On en retire l’impression que Smith dit un dernier au revoir à de vieux amis, et nous ne pouvons que le remercier de nous laisser partager ce beau moment.
Critique éclair: Braindead (1992)
janvier 27, 2008 par leobloom
« AyyoooYE chérie, t’avais juste à m’le dire que t’étais dans ta semaine! »

« Mon père est plus mort que le tien. »
Pour apprécier Braindead, il faut adorer l’humour de second degré. Il est clair que Jackson s’amuse et que son but est de nous partager son délire et nous faire tripper avec lui. Et ça fonctionne, si on n’a pas peur de voir le sang gicler partout. Certaines scènes sont franchement dégueulasses à vous faire lever le cœur (pensons à celle du dîner avec les compagnons de la mère, au début), mais en général, ça s’endure bien, et ce parce que finalement, « Braindead » est une comédie. Aussi dégoûtant soit ce film, il demeure une réussite sur pratiquement tous les points et remplit parfaitement son mandat : celui de nous faire rire à travers nos remontées de vomi.
12 cabins, 12 vacancies: les suites de Psycho
janvier 27, 2008 par leobloom
Psycho II traite de la réinsertion difficile de Norman Bates en société ainsi que de son combat aliénant contre ses vieux démons intérieurs. Il aurait été si facile de tomber dans le réchauffé, mais le réalisateur Richard Franklin s’en est bien gardé. Le film ne reprend pas la formule de son prédécesseur en se contentant de faire figure de pâle copie. Il développe plus à fond le personnage de Norman Bates et est axé sur la continuité et non la répétition. En fait, l’intrigue ne tourne pas simplement autour des meurtres, mais davantage autour de la psychologie de Norman. Il est intéressant et surtout très important de mentionner que Hilton A. Green, le producteur du long métrage, était l’assistant-réalisateur d’Alfred Hitchcock pour le premier Psycho. Franklin, de son côté, a déjà rencontré le maître, a été visité le plateau de tournage d’un de ses films, sous son invitation, et lui voue un culte absolu. On n’a pas ici affaire à des profiteurs sans scrupules qui veulent capitaliser sur un classique, mais bien à des gens sérieux et expérimentés qui souhaitent à la fois lui rendre hommage et à la fois ajouter une extension pertinente au travail de Hitchcock.
Le résultat est une réussite. Bien que le scénario ne soit pas sans faille (la fin est quelque peu décevante), il nous plonge plus à fond dans l’esprit de Norman Bates et nous ouvre des portes qui demeuraient jusqu’à maintenant closes. Anthony Perkins est de retour dans le rôle qui l’a rendu célèbre et réussit brillamment à nous faire ressentir toute la tristesse et la solitude de Norman, ainsi que le pathétique désespérant de sa situation. Ce film a pour but de révéler toute la complexité du personnage principal, mais apporte également quelques réflexions intéressantes sur le retour à la liberté des criminels et sur les raisons de leur récidive. Si on la prend pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une continuité du scénario originale, plutôt que de la voir comme une compétitrice qui tente d’enterrer le premier film, cette suite est non seulement efficace, mais se révèle être assez pertinente.
Semble-t-il que Perkins ne pouvait se contenter de son rôle d’acteur, puisque qu’en 1986, trois ans après Psycho II, une deuxième suite voit le jour et cette fois-ci, Perkins comble le poste de réalisateur. Dans ce troisième volet, qui nous transporte deux mois après la fin du second, Norman Bates ouvre de nouveau son motel. Il engage comme assistant un jeune aspirant rockeur aux mœurs un peu douteuses. Puis, on commence à y être habitué, une jeune femme arrive au motel. Cette fois-ci, celle qui conquit le cœur de Bates se nomme Maureen Coyle et, en plus de partager les initiales de Marion Crane, elle se coiffe de la même façon, ce qui ne tarde pas à faire remonter les souvenirs enfouis du pauvre ermite.
Cette jeune none, qui vient de quitter le couvent avant ses vœux finaux, est sauvée par Norman lorsqu’elle s’ouvre les veines dans sa chambre du motel Bates. Elle ne tarde pas à emménager dans l’établissement pour reprendre des forces et une histoire d’amour se développe entre elle et l’étrange propriétaire, au grand dam de sa mère qui se relève à nouveau de sa chaise. Lorsqu’une bande de jeunes débauchés débarquent au motel pour fêter une grande partie de football, le sang se met de nouveau à couler et Tracy Venable, reporter acharnée en visite pour interviewer Norman, ne tarde pas à pousser plus avant son enquête…

Dans sa construction, Psycho III est le plus moderne de la trilogie. Son scénario rappelle celui d’un film d’horreur typique. Heureusement, Perkins, qui connaît le personnage de Bates probablement plus que quiconque, s’est assuré que son long métrage ne tombe pas trop à fond dans le giron des « slashers ». Si son histoire rappelle celle du premier film, la psychologie du tueur est toujours aussi passionnante et on creuse encore davantage le fond de sa pensée. Son amourette avec Maureen Coyle est tout à fait attendrissante. Perkins livre une prestation digne d’un Oscar, et je pèse mes mots. Par de simples regards, parfois par un seul soupir, il nous fait sentir toute la lourdeur de la solitude de son personnage, et les dialogues entre Maureen et lui contiennent quelques citations mémorables (Maureen: « You must think I’ve gone mad. » Norman : « Oh, no… no. We all go a little mad sometimes. »). Ne serait-ce que pour le jeu impressionnant de Perkins, cette suite vaut la peine d’être vue. Si au final elle tombe un peu à plat au niveau du scénario, l’émotion est fantastiquement véhiculée tout au long du film.
En tout et pour tout, les suites de Psycho apportent plus à l’original qu’ils ne lui enlèvent. Grâce à elles, on peut élucider les mystères de la psychologie de Norman Bates et comprendre davantage autant son rapport avec les femmes que son combat contre sa mère qui le pousse à commettre des atrocités bien malgré lui. Elles contiennent d’ailleurs plusieurs clins d’oeil au film de Hitchcock qui sauront faire sourire les cinéphiles plus attentifs. On ne se le cachera pas, aucune des suites n’arrive à la cheville du premier film, mais au moins, et c’est là le plus important, on nous épargne assurément le goût amer d’une totale déception.
Post Scriptum : Une troisième suite, Psycho IV : The Beginning a été réalisée directement pour la télévision. On y voit Norman Bates qui raconte sa jeunesse dans le cadre d’une émission de radio sur les meurtriers. Elle est peu digne de mention et contient plusieurs détails qui s’opposent à ce qui a été dit dans les trois premiers films. Je vous recommande de ne pas la visionner.
L’angoisse, la douleur et autres fatalités
janvier 26, 2008 par leobloom 
ÉTANT d’un naturel anxieux (c’est le moins qu’on puisse dire), il m’arrive parfois d’ouvrir les yeux le matin et de passer mentalement en revue l’étendue du fardeau qui pèse sur mes épaules. Il va sans dire qu’il ne s’agit pas là de ce qu’on pourrait appeler « de motivantes pensées pour se lever du bon pied ». J’ai bien du mal à manger avant une heure ou deux de l’après-midi, ce qui me cause également un certain souci. Mes études, ma vie sentimentale, mon travail, mes responsabilités sont au coeur de mes ruminations pessimistes qui chaque fois ne manquent pas de causer chez moi les plus désagréables des sensations physiques: nausée, haut-le-coeur, mal de ventre, gorge serrée, perte d’appétit, vague étourdissement, sensation de brûler de l’intérieur, et j’en passe. J’ai souvent le réflexe de m’appitoyer sur mon sort, de demander aux hautes instances « pourquoi moi? », « qu’ai-je fait? », « comment vais-je m’en sortir? » et autres larmoyantes complaintes. Ironiquement, je suis l’architecte de mon malheur et mon cerveau travaille habilement à me nuir en remettant sans cesse en marche, au moindre coup de la vie, les mécanismes que je lui ai appris. Je ne peux pas sérieusement me plaindre de mon sort, essayer de faire pitié ou quémander du réconfort, puisqu’on ne voit pas objectivement la moindre raison pour moi d’être angoissé ou malheureux. Alors que faire?
Est-ce qu’une vie avec cette tendance vaut la peine d’être vécue? Je dirais que non. Il n’en tient donc qu’à moi de changer la direction du vent ou de m’acheter une bonne corde et un solide tabouret. Car le monde n’a pas de place pour les anxieux. Personne ne veut les entendre. La simple vue de leurs visages blêmes, tordus par la souffrance de l’inquiétude constante, suffit à disperser les foules. Je m’amuse parfois à les repérer dans la rue, sans jamais vraiment savoir à quel point j’ai tort ou raison, parce que l’anxiété se dissimule parfois très pernicieusement.
La majorité du temps, je suis quelqu’un de fort, de relativement entreprenant, je ne me laisse pas intimidier et toutes ces choses qui font d’un homme un homme véritable. Mais quand un changement brusque et majeur survient dans ma vie, mon premier réflexe est de m’étrangler moi-même et de m’infliger les pires supplices psychologiques. L’anxiété chronique, c’est une allergie à l’inceritude qui fait pleurer votre âme. Imaginez que vous êtes par terre, en piteux état, et qu’alors que vous tentez désespérérment de vous relever, un pied vous écrase le visage contre le sable sec et rugueux. Lorsque vous levez les yeux pour voir le visage de votre cruel bourreau, vous ne découvrez que vous-même, votre double, partageant le moindre de vos traits.
Comment gagner contre soi-même? Comment supporter ce poids supplémentaire qui pèse sur nos épaules? Je me le demande souvent, je songe souvent que la vie n’est au fond qu’une absurdité cynique et douloureuse, et pourtant quelque part dans toutes mes pulsions de mort émerge une étincelle de volonté de vivre, de combattre et de vaincre. Des visages qui sourient. Une tape dans le dos. Des mots d’encouragement. Et soudainement tout ne paraît plus si sombre. Notre vie est comme une vaste salle traversée d’un large voile qui la divise en deux. Et si parfois il nous arrive de trébucher du côté de l’ombre, du côté qui ne dévoile que la face sombre des choses, l’angoisse, la douleur, l’étouffement et la trahison, il faut tout de même se souvenir de l’autre côté et avoir le courage d’y mettre le pied et de traverser. Les ongles acérés et tordus de nos démons tenteront bien de nous retenir, et certes il semblera parfois plus facile de céder à leur demande plutôt que de subir les blessures que leurs griffes nous infligent, mais avons-nous réellement ce choix? Certainement que non, et vous le savez bien.
Décès d’Ingmar Bergman
juillet 31, 2007 par leobloom
Le cinéaste suédois Ingmar Bergman, un des derniers géants du cinéma mondial, est mort lundi à l’âge de 89 ans dans sa maison sur l’île suédoise de Faarö (Gotland) où il a tourné plusieurs de ses chefs-d’oeuvre.
Sa mort est survenue « calmement et doucement », a annoncé lundi sa fille Eva Bergman à l’agence de presse suédoise TT.
Selon le plus important journal suédois, Dagens Nyheter, Bergman est décédé lundi matin vers 07H00 (05H00 GMT).
Né le 14 juillet 1918 à Uppsala, au nord de Stockholm, Ingmar Bergman a réalisé au fil de sa longue carrière plus de quarante films, dont « Cris et chuchotements » (1972), « Scènes de la vie conjugale » (1974), « Sonate d’automne » (1978) ou encore son oeuvre-testament « Fanny et Alexandre » (1982).
Les obsèques se tiendront en présence de ses amis et de sa famille à une date non encore précisée, selon TT.
Les rumeurs sur la santé déclinante du cinéaste étaient persistantes depuis plusieurs mois. En octobre, il avait subi une opération de la hanche dont il ne s’était jamais remis.
Il vivait seul et retiré du monde, le plus souvent dans son île de Faarö (l’île aux moutons), inconsolable de la mort de sa dernière femme Ingrid von Rosen, en 1995.
« Faarö était mon amour secret », écrit-il dans son autobiographie Laterna Magica, en parlant du coup de foudre qu’il eut dans les années 60 pour cette île plate où ciel et mer se mêlent.
Il y fit construire la maison où il est mort, un studio où il tourna notammment « Comme dans un miroir » et « Le silence ».
Outre son oeuvre cinématographique, Bergman aura été toute sa vie un homme de théâtre et a monté de nombreuses pièces, notamment celles de son idole de jeunesse, August Strindberg.
Sa carrière a débuté par le théâtre dans les années 40 avec un stage de mise en scène à l’Opéra de Stockholm. Puis il sera engagé en 1960 comme metteur en scène du prestigieux Dramaten, le théâtre royal d’art dramatique.
En 1945, il décide que le seul moyen moderne de s’exprimer est le cinéma: « Faire des films est pour moi un instinct, un besoin comme celui de manger, de boire ou d’aimer », déclare-t-il.
Sa carrière cinématographique couvrira toute la seconde moitié du 20ème siècle, contemporain notamment de Federico Fellini, Luis Buñuel ou Akira Kurosawa. Grand cinéphile, il aimait le cinéma américain des années 40 et aussi les films français des années 30 et 40.
Son oeuvre a marqué plusieurs générations de cinéphiles et de cinéastes. L’américain Woody Allen lui voue un véritable culte.
En 1955, Bergman connaît son premier succès international avec « Sourires d’une nuit d’été », une comédie grinçante. A partir de la fin des années 50, ses films deviendront de plus en plus noirs sur des couples en crise, des êtres déchirés par un Dieu absent.
Cinéaste des femmes, il donnera leurs plus beaux rôles à des actrices comme Maj Britt Nilsson, Harriett Andersson, Eva Dahlbeck, Ulla Jacobsson et Liv Ullmann. Il aura des aventures amoureuses avec plusieurs de ses actrices et il se mariera 5 fois et aura 9 enfants en reconnaissant qu’il n’avait pas la fibre très paternelle.
Longtemps boudé en Suède, ce n’est que récemment qu’il a été reconnu comme un grand maître du cinéma chez lui. Un prix Bergman est désormais accordé aux jeunes talents du cinéma lors des équivalents des Oscars suédois.
Aujourd’hui Bergman est mort adulé dans son pays. « Aucun autre artiste suédois, dans quelque discipline que ce soit, n’a atteint la même reconnaissance et le même succès », a déclaré lundi l’ancienne directrice de la cinémathèque suédoise, Aase Kleveland.
Source: France 24
Filmographie en tant que réalisateur:
- Saraband (2003) (TV)
… aka Saraband (Finland)
… aka Sarabanda (Italy)
… aka Sarabande (Germany) - Bildmakarna (2000) (TV)
- Larmar och gör sig till (1997) (TV)
… aka Dabei: Ein Clown (Germany)
… aka I klovnens nærvær (Norway)
… aka In the Presence of a Clown
… aka Vanità e affanni (Italy) - Sista skriket (1995) (TV)
… aka The Last Gasp - Backanterna (1993) (TV)
- Markisinnan de Sade (1992) (TV)
- Två saliga, De (1986) (TV)
- Dokument Fanny och Alexander (1986)
… aka Document Fanny and Alexander
… aka The Making of ‘Fanny and Alexander’ (USA: video title) - Efter repetitionen (1984) (TV)
… aka After the Rehearsal (USA) - Karins ansikte (1984)
… aka Karin’s Face - Hustruskolan (1983) (TV)
- Fanny och Alexander (1982)
… aka Fanny and Alexander (USA)
… aka Fanny et Alexandre (France)
… aka Fanny und Alexander (West Germany) - Aus dem Leben der Marionetten (1980)
… aka From the Life of the Marionettes - Fårö-dokument 1979 (1979) (TV)
… aka Faro Document 1979 - Höstsonaten (1978)
… aka Autumn Sonata (USA)
… aka Herbstsonate (West Germany)
… aka Sonate d’automne (France) - The Serpent’s Egg (1977)
… aka Schlangenei, Das (West Germany) - Ansikte mot ansikte (1976)
… aka Face to Face (USA) - Trollflöjten (1975) (TV) (uncredited)
… aka The Magic Flute (Europe: English title) (USA) - Misantropen (1974) (TV)
… aka The Misanthrope (International: English title) - Scener ur ett äktenskap (1973)
… aka Scenes from a Marriage (USA) - Viskningar och rop (1972)
… aka Cries and Whispers (USA) - Beröringen (1971)
… aka The Touch (USA) - Fårödokument 1969 (1970) (TV)
… aka Faro Document - Passion, En (1969)
… aka A Passion (UK)
… aka The Passion of Anna (USA) - Riten (1969) (TV)
… aka The Rite
… aka The Ritual - Skammen (1968)
… aka Shame (USA) - Vargtimmen (1968)
… aka Hour of the Wolf (USA) - Stimulantia (1967) (segment « Daniel »)
- Persona (1966)
… aka Persona (USA) - Don Juan (1965) (TV)
- För att inte tala om alla dessa kvinnor (1964)
… aka All These Women (USA)
… aka Now About These Women (International: English title) - Tystnaden (1963)
… aka The Silence (USA) - Drömspel, Ett (1963) (TV)
… aka A Dream Play (International: English title) - Nattvardsgästerna (1962)
… aka Winter Light (USA) - Såsom i en spegel (1961)
… aka Through a Glass Darkly (USA) - Djävulens öga (1960)
… aka The Devil’s Eye (USA) - Jungfrukällan (1960)
… aka The Virgin Spring - Oväder (1960) (TV)
… aka Storm Weather (International: English title)
… aka The Storm (International: English title) - Ansiktet (1958)
… aka The Face (UK)
… aka The Magician (USA) - Rabies (1958) (TV)
- Nära livet (1958)
… aka Brink of Life (USA)
… aka So Close to Life (UK) - Venetianskan (1958) (TV)
… aka The Venetian (International: English title) - Smultronstället (1957)
… aka Wild Strawberries (UK) (USA) - Herr Sleeman kommer (1957) (TV)
… aka Mr. Sleeman Is Coming (International: English title) - Sjunde inseglet, Det (1957)
… aka The Seventh Seal (USA) - Bakomfilm smultronstället (1957)
- Sommarnattens leende (1955)
… aka Smiles of a Summer Night (USA) - Kvinnodröm (1955)
… aka Dreams
… aka Journey Into Autumn (UK) - Lektion i kärlek, En (1954)
… aka A Lesson in Love (USA) - Gycklarnas afton (1953)
… aka Sawdust and Tinsel (UK)
… aka Sunset of a Clown
… aka The Naked Night (USA) - Sommaren med Monika (1953)
… aka Monika, the Story of a Bad Girl (USA)
… aka Summer with Monika - Kvinnors väntan (1952)
… aka Secrets of Women
… aka Waiting Women - Sommarlek (1951)
… aka Illicit Interlude (USA)
… aka Summer Interlude (UK)
… aka Summerplay (International: English title) - Sånt händer inte här (1950)
… aka High Tension
… aka This Can’t Happen Here - Till glädje (1950)
… aka To Joy - Törst (1949)
… aka Thirst (USA)
… aka Three Strange Loves - Fängelse (1949)
… aka Prison
… aka The Devil’s Wanton (USA) - Hamnstad (1948)
… aka Port of Call (USA) - Musik i mörker (1948)
… aka Music Is My Future
… aka Music in Darkness
… aka Night Is My Future (USA) - Skepp till India land (1947)
… aka A Ship Bound for India
… aka A Ship to India
… aka Frustration
… aka The Land of Desire - Det regnar på vår kärlek (1946)
… aka It Rains on Our Love
… aka Man with an Umbrella (UK) - Kris (1946)
… aka Crisis (UK) (USA)
Source: IMDB
A Softer World
juillet 31, 2007 par leobloomVoici un petit »extrait » de A Softer World, une sorte de Perry Bible Fellowship avec des photographies et un petit côté plus sombre. Amusez-vous.









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